Controverse et inquiétude concernant la centrale nucléaire ukrainienne

Après le bombardement de la plus grande centrale nucléaire d’Europe à Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine occupée par la Russie, la Russie et l’Occident se disputent la sécurité de la centrale.

Le ministère russe des Affaires étrangères a de nouveau accusé les Nations unies d’avoir empêché une inspection de la centrale nucléaire par des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Les ministres des Affaires étrangères des sept principales puissances économiques démocratiques (G7) ont appelé Moscou à remettre la centrale électrique sous le contrôle de l’Ukraine. « C’est la domination continue de la Russie sur la centrale nucléaire qui met en danger la région », ont-ils déclaré.

La centrale nucléaire située dans la ville d’Enerhodar a été bombardée ce week-end et partiellement endommagée. La Russie et l’Ukraine s’accusent mutuellement. Cependant, l’infrastructure critique doit être intacte. Après l’arrêt d’urgence d’une tranche, deux réacteurs sont toujours en fonctionnement. A l’initiative de la Russie, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer ce jeudi sur les bombardements. Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, doit informer le panel de l’état de la centrale nucléaire.


Moscou accuse l’ONU d' »action irresponsable ».

Les ministres des Affaires étrangères du G7 avertissent que les actions de la Russie à la centrale nucléaire de Zaporijia augmentent le risque d’un accident nucléaire. « Le personnel ukrainien responsable de l’exploitation de la centrale nucléaire de Zaporijia doit pouvoir s’acquitter de ses fonctions sans menaces ni pressions », a déclaré le ministère des Affaires étrangères à Berlin dans un communiqué des ministres des Affaires étrangères du G7. Il est important d’envoyer des experts de l’AIEA qui peuvent contacter librement le personnel ukrainien responsable de l’exploitation des installations. Le G7 a également étendu sa demande à toutes les autres installations nucléaires situées à l’intérieur des frontières internationalement reconnues de l’Ukraine.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, accuse en revanche les Nations unies d' »action irresponsable ». Le ministère russe des Affaires étrangères s’était auparavant plaint qu’un voyage prévu par des représentants de l’AIEA à la centrale nucléaire avait échoué en raison de problèmes de sécurité soulevés par le secrétariat responsable de l’ONU. « Au Secrétariat de l’ONU, qui traite des problèmes de l’énergie nucléaire, y compris les conséquences des catastrophes techniques et le problème au sens le plus large, ils devraient comprendre que le monde marche sur l’abîme », a déclaré Zakharova.

« La centrale nucléaire de Zaporijia fonctionne avec le risque de violer les exigences en matière de radioprotection et de sécurité incendie », a déclaré l’exploitant de la centrale Enerhoatom. Le chef de l’autorité, Petro Kotin, a accusé la Russie à la télévision ukrainienne de vouloir séparer la centrale nucléaire du réseau ukrainien en ciblant les lignes à haute tension sur le site de la centrale puis en la reliant à la péninsule de Crimée distante de 150 kilomètres.

© dpa-infocom, dpa:220810-99-337628/6 (dpa)

Nihel Béranger

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