France : Gauche et Verts s’unissent pour les législatives – Politique

Le paysage politique français change, une fois de plus. Une semaine après l’élection présidentielle, une nouvelle alliance de gauche a émergé. Dans la nuit de lundi, les forces les plus importantes actuellement – La France Insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon et les Verts (Europe Écologie-Les Verts, EELV) – ont annoncé un accord après plusieurs jours de négociations. Les deux partis se présenteront ensemble aux élections législatives de juin, avec pour objectif d’opposer le président libéral réélu Emmanuel Macron avec une majorité de gauche.

Macron serait alors contraint, comme Jacques Chirac (1997-2002) à une « cohabitation » avec un chef de gouvernement de l’opposition. Les négociations avec le Parti socialiste (PS) et les communistes sont toujours en cours.

L’accord stipule expressément que Mélenchon doit devenir Premier ministre. L’homme de 70 ans a étonnamment bien réussi le premier tour de l’élection présidentielle et a raté de peu le second tour avec environ 22 %. De cette position de force, il peut désormais dicter les termes à ses partenaires.

D’une part, travailler ensemble vaut la peine pour toutes les personnes impliquées. En raison du système de vote majoritaire, les petits partis ont peu de chances de remporter des mandats par eux-mêmes. En alliance avec LFI, les Verts ont désormais obtenu 100 des 577 circonscriptions. D’autre part, les partenaires de LFI courent le risque de perdre leur identité par trop de compromis.

La nouvelle alliance est une association de liste, pas un parti

Lors de la campagne pour l’élection présidentielle, la tentative d’unification de la gauche fragmentée a échoué, si bien qu’une dizaine de candidats sont entrés dans la course. Les Verts de Yannick Jadot ont obtenu un résultat très décevant de 4,6 %, tandis que les Socialistes avec Anne Hidalgo (1,7) ont connu une catastrophe et se sont même retrouvés derrière les Communistes (2,3).

La nouvelle alliance est une association de liste, pas un parti ; avec le nom « Nouvelle union populaire écologique et sociale », il offre au moins conceptuellement un parapluie pour tous les participants. Plus précisément, LFI et les Verts se sont mis d’accord pour augmenter le salaire minimum et abaisser l’âge de la retraite à 60 ans. Les prix des aliments les plus importants doivent être plafonnés et l’économie et le mode de vie doivent être orientés vers l’écologie (y compris la sortie du nucléaire ). De plus, il y a une réforme du système politique avec son président maîtrisé et son parlement faible.

Le point le plus sensible, cependant, est l’attitude envers l’Europe. Le slogan de Mélenchon de « désobéissance » aux directives et aux traités européens avait particulièrement dissuadé Jadot, plus pragmatique-vert, et nombre de ses collègues militants. A cela s’ajoutent la compréhension souvent exprimée par Mélenchon du président russe Vladimir Poutine, son aversion pour les États-Unis et l’OTAN et ses avertissements sur la suprématie allemande en Europe.

L’accord stipule désormais qu’il faut être prêt à ne pas suivre « certaines règles européennes », notamment le pacte de stabilité, le droit de la concurrence ou des pans de la politique agricole commune. Que cela doit être fait « dans le respect de l’État de droit », comme il est ajouté, critiqué un eurodéputé vert le lundi comme une contradiction. Pour les Verts français, en revanche, ce qui compte le plus, c’est le passage selon lequel ils n’entendent « ni sortir de l’UE, ni sa dissolution, ni la fin de l’euro ».

L’ex-président Hollande voit « l’histoire du socialisme » en danger

Cela ne rassure pas beaucoup de socialistes. Hidalgo refuse de coopérer avec Mélenchon ; L’ex-président François Hollande prévient que son propre parti, jusqu’ici assez pro-européen, « disparaîtra » si l’état actuel des négociations avec LFI reste le même – toute l’histoire du socialisme serait remise en question car un résultat. Cependant, le président du PS Olivier Faure l’emportera probablement, qui voit la seule issue pour son parti affaibli et désorienté de s’appuyer sur le partenaire le plus fort. Lors de la manifestation du 1er mai à Paris, il a anticipé cette solution en serrant la main de Mélenchon.

Nihel Béranger

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