France : qui conduira les Républicains à la présidentielle ? – Politique

À une époque où une accusation standard contre les politiciens est qu’il ne s’agit que de noms et de personnes, pas de contenu, les républicains conservateurs français se portent bien ce week-end. Pour leur réunion Rentrée, qui annonce le redémarrage de la saison politique, ils ont présenté un programme lié au contenu. Et s’est abstenu d’apparitions de vedettes par les chefs de parti. Mais cela ressemble plus à une décision née de la nécessité.

Dans le prospectus d’idées qui sera distribué lors de la réunion, un parti aux valeurs conservatrices clairement libérales et de droite est présenté. Moins d’impôts, moins de cotisations sociales pour les entreprises, un plafond constitutionnel pour l’immigration, des règles plus strictes pour les procédures d’asile. Pour ce parti, la protection du climat signifie : prolonger la durée de vie des centrales nucléaires et plus de subventions pour l’énergie solaire et éolienne. Il y a un électorat stable pour cette politique en France. Les sondeurs ne pensent pas que ce soit certain, mais il est possible qu’un candidat des Républicains accède au second tour de l’élection présidentielle de 2022. Aux élections régionales de juin, les conservateurs ont pu détenir toutes les régions qu’ils gouverné. Contrairement au président Emmanuel Macron, ils sont solidement ancrés dans les petites villes.

Et pourtant, les Républicains sont mécontents au début du grand combat présidentiel. Ils ne savent ni qui doit se présenter pour eux, ni comment ni quand ils veulent élire leur candidat. En France, la course à l’Élysée est lancée, mais les conservateurs se battent toujours autour de la ligne de départ.

Les jeunes invitent, les vieux présentent les solutions

Au Parc Floral de Paris, tout a l’air bien rangé au premier abord. Vous pouvez voir de loin où l’organisation de la jeunesse républicaine vous invite à sa réunion annuelle. Il suffit de suivre les groupes de jeunes hommes en chemises bleu clair et blanches. Plus de 1500 « Jeunes Républicains » se sont inscrits – le parti veut montrer que son potentiel réside dans la relève. Sur les podiums en revanche, il vaut mieux donner la priorité aux plus âgés. Les jeunes invitent, les personnes âgées présentent leurs solutions.

Dans la foule devant le bar, le chef du parti Christian Jacob serre la main, puis l’ex-ministre, ex-politique européenne et ex-candidat à la mairie Rachida Dati. La jeunesse porte les visages des ex-présidents conservateurs Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy pour une promenade sur leurs sacs de jute. Ceux qui étaient importants dans le passé sont toujours aimés aujourd’hui. Mais à qui appartient l’avenir ?

Quatre hommes et une femme militent pour le soutien des Républicains aux prochaines élections. Seuls deux d’entre eux, les présidents de région nouvellement élus Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, ont quitté le parti d’un grand geste pour souligner leur grand format. Ironiquement, les deux sont désormais les favoris dans les sondages.

Il y a un parallèle avec la fin de l’été 2016 politique

Lorsqu’une vidéo des vainqueurs des élections régionales a été diffusée en début de manifestation, les jeunes Républicains ont hué Bertrand. Plus l’homme politique du nord de la France est sûr de lui dans les médias, plus le parti est dupe, dont il dépend malgré tout du soutien. Contrairement à Bertrand, son concurrent Pécresse est invité à boire le soir. Certains grognent doucement, si vous le pouvez, prenez un selfie avec elle. Les seuls candidats autorisés à utiliser un microphone lors de cet événement sont le négociateur du Brexit Michel Barnier et le député européen Éric Ciotti.

Par quoi Barnier et Ciotti n’apparaissent pas comme des militants, mais sont cédés pour devenir des experts sur les podiums. Barnier parle de politique étrangère, Ciotti de sécurité intérieure. Si vous pouvez gagner une campagne présidentielle avec retenue, Barnier aurait de bonnes chances. Le français Monsieur Brexit laisse toujours les autres prendre le pas dans la conversation, mais ne contredit pas lorsque sa collègue de parti Nadine Morano se moque de la prétendue trop grande influence de Bruxelles. Il ne faut « pas laisser la responsabilité de l’Europe aux macronistes », dit Barnier. L’intérêt est modéré dans la salle à moitié remplie. Il n’y a que des applaudissements lorsque Barnier dit que l’Europe doit « protéger les peuples, leur identité, leur langue ». Comme si le parti ne se réveillait que lorsque quelqu’un ressemblait à Sarkozy, qui a placé les questions identitaires au cœur du travail présidentiel.

Si vous comparez cette fin d’été politique avec celle de 2016, un parallèle apparaît : les chances sont bonnes en France pour les partis et les personnes qui s’appuient sur des valeurs conservatrices et une politique favorable aux affaires. Les Républicains ont du mal à occuper réellement cette place qui leur est en réalité ancestrale. En 2017, ils tombent sur les aventures et l’entêtement de leur candidat François Fillon. Quatre bonnes années plus tard, la libérale Macron occupait nombre de ses questions centrales. Et d’extrême droite, Marine Le Pen attire les électeurs qui considèrent l’immigration comme le plus gros problème de la France. La marge de manœuvre des républicains s’est rétrécie. La prochaine élection ne concerne pas seulement la victoire, mais aussi fondamentalement le droit du parti à exister.

Nihel Béranger

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