Johnson assure à Macron qu’il veut « rétablir la coopération » entre le Royaume-Uni et la France | International

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré vendredi au président français Emmanuel Macron qu’en dépit de la crise des sous-marins, il souhaitait « rétablir la coopération » entre les deux pays sur un large éventail de questions, dont les intérêts géostratégiques. La conversation s’est tenue « à la demande » du chef du gouvernement britannique, a souligné l’Elysée lors de l’annonce de l’entretien, qui a eu lieu deux jours après un nouvel entretien téléphonique entre Macron et le président américain Joe Biden.

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Paris accuse Londres, avec Washington et Canberra, d’avoir joué le sale jeu et trahi sa confiance – et, accessoirement, l’Europe – en arrachant secrètement à la France un contrat de plusieurs millions de dollars pour construire des sous-marins pour l’Australie. L’accord entre les trois pays, connu sous le nom d’Aukus pour son acronyme en anglais, a généré une forte crise diplomatique de plusieurs côtés que les capitales impliquées tentent de résoudre depuis une semaine.

« Johnson a fait part de son intention de rétablir une coopération entre la France et le Royaume-Uni, dans le respect de nos valeurs et de nos intérêts communs (environnement, Indo-Pacifique, lutte contre le terrorisme, etc.) », a révélé l’Elysée ce vendredi. Selon la version officielle française, Macron « a répondu qu’il attendait ses propositions ».

La réponse remarquablement sèche du président français est un exemple de plus de la grande colère que la crise des sous-marins a suscitée en France, dans laquelle Paris voit une tentative, notamment de Washington, mais aussi de Londres, de la mettre de côté dans une zone de clé importance géostratégique comme la région indo-pacifique. Le ton précédent de Johnson n’a pas aidé non plus, qui cette semaine, lors de sa visite à Washington, a plaisanté sur la colère de Paris et a appelé la France à se calmer. « Laisse-moi tranquille (donnez-moi une pause) », a-t-il déclaré devant les caméras dans un mélange humoristique d’anglais et de français qui à Paris était très désagréable.

La France n’a pas ménagé les gestes pour montrer sa colère contre Londres, même si elle considère que son rôle est moins dans le « coup de poignard dans le dos » que selon Paris les Etats-Unis et l’Australie lui ont donné.

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La ministre de la Défense Florence Parly a annulé cette semaine une réunion qu’elle avait prévue avec son homologue britannique, Ben Wallace. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, expliquant pourquoi il avait ordonné, à la demande de Macron, l’appel à consultations des ambassadeurs de France à Washington et Canberra vendredi dernier, mais pas celui de Londres, a répondu : « Dans ce cas, La Grande-Bretagne est un peu la cinquième roue de la voiture. On connaît l’opportunisme permanent » des Britanniques, a souligné Le Drian. La crise des sous-marins a éclaté à la fin d’un été en proie à des tensions entre Londres et Paris sur des différends liés au Brexit, notamment la situation des pêcheurs français, et la traversée d’immigrants irréguliers par la Manche, que les Britanniques accusent d’un manque de zèle des autorités françaises.

Suite à des conversations téléphoniques avec Biden et Johnson, un entretien avec le Premier ministre australien Scott Morrison est toujours en attente. Comme il l’a déclaré mercredi, également depuis Washington, bien qu’il ait tenté le rapprochement, Paris n’a pas encore accepté son appel. « Nous serons patients. Nous comprenons leur déception et c’est ainsi que l’on règle les dossiers difficiles », a déclaré Morrison, selon Efe. Alors que la France a déjà donné son accord au retour, la semaine prochaine, de son ambassadeur à Washington, elle n’a pas encore fixé de date pour le retour de son représentant à Canberra.

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Nihel Béranger

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