La France responsable du génocide au Rwanda. Un rapport révolutionnaire

Le rapport remis à Macron souligne que la politique 1990-94 à l’égard du Rwanda menée par le président socialiste François Mitterrand s’est soldée par une « défaite » pour la France.

Le document souligne la responsabilité personnelle de Mitterrand dans le rapprochement avec le régime « raciste, corrompu et brutal » du président Juvénal Habyariman, qui a dirigé le Rwanda jusqu’en 1994. Le président français avait une « relation personnelle, forte et directe » avec le dirigeant rwandais, selon l’agence AFP. cité dans le rapport.

Selon les Nations Unies, d’avril à juillet 1994, au moins 800 000 personnes sont mortes au Rwanda. personnes – rappelle l’AFP. L’écrasante majorité d’entre eux étaient des Tutsis assassinés par les Hutus. Les massacres ont commencé après que l’avion d’Habyarimana a été renversé au-dessus de Kigali. En 1990-93, une guerre civile a fait rage au Rwanda entre les forces gouvernementales soutenues par la France et les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais (FPR).

Les liens de la France avec le Rwanda ont conduit le régime à fournir de grandes quantités d’armes et de munitions, et les forces armées françaises ont également été fortement impliquées dans la formation de l’armée gouvernementale rwandaise, souligne le document. La position de l’administration française, qui a soutenu aveuglément le régime Habyariman contre le FPR soutenu par l’Ouganda, est également stigmatisée.

La France est aveugle aux préparatifs

« La France était-elle complice du génocide des Tutsi ? Si nous entendons la volonté de rejoindre les activités génocidaires, aucun des documents archivés examinés ne le confirme », écrit le rapport.

Il ajoute cependant que « la France a longtemps été associée à un régime qui encourageait les massacres racistes » et que les autorités du pays « restaient aveugles aux préparatifs de génocide menés par les éléments les plus radicaux du régime ».

Selon le document, la France avait « tergiversé » avec le régime rwandais lors des massacres et continuait de voir une menace dans le FPR, qui a repris le combat contre les forces hutu et a finalement pris le pouvoir au Rwanda, mettant fin aux massacres.

Il a ajouté que « l’Opération Turquoise », une mission humanitaire militaire de l’ONU dirigée par la France pour protéger les civils au Rwanda, a également été retardée. Lancée en juin, la mission « a sauvé beaucoup, mais pas la plupart des Tutsis du Rwanda, qui ont été assassinés dans les premières semaines du génocide », selon le rapport.

Un débat acharné sur la Seine

Une commission historique de quatorze personnes présidée par Vincent Duclert a été mise en place en 2019 et a depuis enquêté sur les archives françaises, y compris des documents jusque-là indisponibles. La commission était composée de spécialistes de l’histoire de l’Holocauste, du génocide arménien et du droit pénal international.

Le rôle de la France dans le génocide rwandais fait l’objet d’âpres débats entre scientifiques et politiques depuis des années, rappelle l’AFP. Cette question continue de peser sur les relations entre la France et le Rwanda, dont le président est depuis 2000 le leader du FPR Paul Kagame. Kigali accuse depuis longtemps la France de complicité de génocide.

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(mt)

Nihel Béranger

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