La situation compliquée du président français

Emmanuel Macron

Les appels du président français à la coopération entre les partis n’ont pas porté leurs fruits.


(Photo : Reuters)

Paris Pendant une semaine, Emmanuel Macron s’est éloigné des problèmes de politique intérieure qui l’affligent depuis qu’il a perdu sa majorité gouvernementale au Parlement : le président français s’est rendu au Conseil européen de Bruxelles, a rencontré ses collègues du G7 à Elmau et a assisté aux sommets de l’OTAN et de l’ONU. Pendant ce temps, à Paris, il a demandé à sa Première ministre Elisabeth Borne d’explorer la volonté de coopération de l’opposition.

Après son retour de la scène mondiale, la situation compliquée pour Macron chez lui n’a pas changé : il n’y a pas de soutien stable pour sa politique à l’Assemblée nationale en vue. La nouvelle équipe gouvernementale que Macron a présentée lundi repose toujours uniquement sur son alliance du centre – à laquelle il manque environ 40 sièges pour la majorité absolue depuis les élections législatives de juin. Lors de la première réunion du cabinet restructuré, Macron a déclaré : « Il convient de noter la réticence des parties à participer à un accord intergouvernemental ».

Une semaine de vérité a commencé pour le président. Le remaniement du gouvernement sans représentants de l’opposition montre que ses appels à la coopération entre les partis n’ont pas porté leurs fruits. Mercredi, le Premier ministre Borne fera une déclaration gouvernementale exposant les priorités politiques à l’Assemblée nationale.

La loi du pouvoir d’achat prévue comme premier grand test

Le premier grand test de la capacité d’action du gouvernement sera probablement le projet de loi sur le pouvoir d’achat, avec lequel Macron veut atténuer les conséquences de l’inflation pour les Français. La comparution de son Premier ministre devant les députés fournira également des indices pour savoir si le président s’en tient à l’objectif d’une réforme majeure des retraites.

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Traditionnellement, la déclaration du gouvernement est suivie d’un vote de confiance au Parlement. Compte tenu de l’absence de majorité, on pouvait cependant se demander si Borne prendrait ce risque – car le vote de confiance n’est pas obligatoire. Borne peut alors être directement confronté à une motion de censure. Le camp du populiste de gauche Jean-Luc Mélenchon avait annoncé cette démarche.

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Macron a été interrogé à plusieurs reprises sur son problème de majorité lors de voyages à l’étranger. Il a alors fait savoir de loin à ses compatriotes que la situation en France était en réalité « terriblement banale » d’un point de vue européen. « Certains gouvernements de coalition ont jusqu’à cinq, six ou sept partenaires. » Seulement : les coalitions ne sont pas réellement prévues dans le système politique français. Et la volonté de la concurrence politique de travailler avec Macron est limitée.

Le président lui-même avait exclu une coopération avec le parti La France indomptable de Mélenchon, ainsi qu’une coopération avec le Rassemblement national de droite de Marine Le Pen. Au lieu de cela, il a courtisé les républicains conservateurs-bourgeois et a tenté de séparer les socialistes et les verts de leur alliance avec Mélenchon. Cependant, ils refusent de rejoindre le gouvernement Macron et sont au mieux ouverts à négocier un soutien parlementaire à certains projets législatifs avec l’alliance du centre du président.

Le remaniement gouvernemental attendu après la défaite aux élections législatives n’a offert aucune surprise. Les poids lourds du cabinet restent en poste, dont le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Catherine Colonna continuera à diriger le service externe.

Nombre inchangé de ministres

Une personne importante du point de vue allemand est la nouvelle ministre de l’Europe Laurence Boone, récemment économiste en chef à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et ancien conseiller économique du prédécesseur de Macron, François Hollande. L’ancien ministre de l’Europe, Clément Beaune, qui a organisé la présidence française du Conseil de l’UE dans les coulisses de Macron au cours des six derniers mois, prendra la direction des transports dans le nouveau gouvernement.

Après sa réélection à la présidence en avril, Macron a en fait annoncé un gouvernement allégé qui se concentrerait sur les tâches essentielles. Avec la réorganisation, cependant, il comprend désormais pratiquement le même nombre de ministres, de sous-ministres et de secrétaires d’État qu’auparavant. Certaines nouvelles nominations étaient devenues nécessaires car plusieurs ministres n’avaient pas gagné leur circonscription.

Le palais de l’Élysée avait stipulé que les membres du gouvernement devraient quitter leurs postes ministériels s’ils échouaient aux élections législatives. Le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Handicapés, Damien Abad, a également dû démissionner. Des allégations de viol ont été portées contre Abad, ce qu’il nie.

Suite: Macron à la recherche de la majorité perdue

Nihel Béranger

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