Le quatrième venait de France

de la France Didier Deschamps a remporté la deuxième édition de la Ligue des Nations en rassemblant l’Espagne lors de la finale de San Siro, qui s’est également déroulée en demi-finale à Turin contre la Belgique. Et il n’est que trop facile de constater que dans les deux cas ce qui a fait la différence, en passant par l’arbitrage, ce sont les tirs des individus. Ici, le point est précisément ceci: peut-être que la France championne du monde en exercice ne reconfirmera pas au Qatar, et après tout, au Championnat d’Europe, ils sont sortis au deuxième tour avec la Suisse, mais aucune équipe sur la planète n’a sa quantité de haut- joueurs de niveau. . Le lieu commun qui a toujours été valable pour le Brésil et l’Argentine, à savoir pouvoir aligner l’équipe nationale B sans trop perdre en qualité, dans le football moderne est particulièrement vrai pour la France. La question d’actualité est donc aussi historique : est-ce la France la plus forte de tous les temps ?

Cela dit, l’équipe de France a plus ou moins toujours été à un niveau élevé, ses heures de gloire ont coïncidé avec des cycles auxquels on peut attribuer le nom d’un grand champion, plutôt que celui de l’entraîneur. Le premier est celui lié à Raymond Kopa, leader du Stade de Reims avant d’aller au Real Madrid et en tout cas star de l’équipe qu’à la Coupe du monde 1958, entraînée par Albert Batteux (qui menait également le Stade de Reims dans le même temps) a terminé troisième derrière le Brésil (qui les a battus 5-2 en demi-finale, avec trois buts de Pelé) et la Suède, avec le meilleur buteur du tournoi, Just Fontaine, et de nombreux joueurs qui ont laissé un piste comme Piantoni, Vincent, Jonquet et Wiesnewski.

Ligue des Nations : Espagne – France 1-2

Avec une victoire de retour sur l’Espagne, la France de Deschamps a remporté la Ligue des Nations à San Siro à Milan, grâce à des buts de Benzema et Mbappé. Les photos des meilleurs moments du match et de la remise des prix.

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Au lieu de cela, il y a eu trois championnats du monde, 1978, 1982 et 1986, sous le signe de Michel Platini et de la deuxième grande génération de footballeurs français, venue dans le sillage des grandes campagnes européennes de Saint-Étienne. Une équipe dans laquelle on a commencé à voir des joueurs noirs, surtout la colonne défensive Marius Trésor, mais qui est restée dans la mémoire plus que tout autre chose pour son milieu de terrain en 1982, de pure qualité : Platini, Giresse, Tigana et Genghini. Une quatrième place après la soirée épique à Séville qui fut à la base de la victoire à l’Euro 1984, toujours sur le banc Michel Hidalgo, et une autre grande Coupe du Monde, sous la direction de Henri Michel, cette fois clôturé à la troisième place.

Le troisième grand cycle est celui né de l’échec de la qualification pour la Coupe du monde 1994, avec le but mémorable de Kostadinov dans la dernière seconde. De là Aimé Jacquet a commencé à construire autour Zinedine Zidane l’équipe qui aurait remporté la Coupe du monde 1998 : Barthez, Blanc, Thuram, Deschamps, Djorkaeff, Vieira, Dasailly, Karembeu, les jeunes Henry et Trezeguet. Une victoire réitérée, amèrement pour les Azzurri qui en 1998 ont été battus aux tirs au but en quarts de finale et en 2000 en prolongation en finale, aux championnats d’Europe et dont la longue vague (sur le terrain il y avait Barthez, Thuram, Vieira, Henry et Zidane) serait arrivé jusqu’en 2006, avec l’équipe de Domenech comme finaliste battue par l’Italie de Lippi.

Le quatrième cycle est l’histoire d’aujourd’hui et a des visages très reconnaissables comme ceux de Mbappé, Griezmann, Pogba, ainsi que celui de Deschamps sur le banc. Les comparaisons entre différentes époques sont toujours téméraires et visent à prouver une thèse (généralement la grandeur de ceux que l’on aime ou ont égayé notre enfance), mais en rapportant chacun de ces quatre cycles à leur propre époque, nul doute que la France il est d’un point de vue numérique beaucoup plus fort que tous les autres. On peut dire sans se tromper qu’on préfère Platini à Mbappé, peut-être (mais on est déjà à la limite) qu’on préfère certains compagnons de Platini à certains compagnons de Mbappé, mais la discussion se termine quand on passe au reste de l’équipe, alternatives et jeunes émergents. Bref, la France d’aujourd’hui n’a peut-être pas gagné, et à l’Euro 2020 elle n’a pas gagné, mais c’est la France la plus complète de l’histoire.

Nihel Béranger

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