Les pères de l’Église catholique en France ont abusé d’au moins 200 000 enfants en 70 ans – 10/05/2021 – Monde

Des membres de l’Église catholique française ont agressé sexuellement plus de 200 000 enfants et adolescents au cours des 70 dernières années, selon un rapport d’enquête détaillé publié mardi (5).

Selon le chef de la commission indépendante responsable de l’insurrection, Jean-Marc Sauvé, l’église fait preuve d’une « profonde, totale et même cruelle indifférence depuis des années », choisissant de fermer les yeux sur les allégations et de se protéger plutôt que de défendre les victimes de abus systémique.

Dimanche, Sauvé, un catholique pratiquant de 72 ans, avait révélé à la presse française que, dans un univers de 115 000 prêtres et religieux, l’église abritait entre 2 900 et 3 200 pédophiles — une « estimation minimale ». La plupart des victimes étaient des garçons âgés de 10 à 13 ans.

Pour Sauvé, non seulement l’église s’est abstenue de prendre les mesures nécessaires pour empêcher les abus de se produire, mais a également omis de les dénoncer et, dans certains cas, a sciemment mis des enfants en contact avec des prédateurs sexuels.

Le chef de la conférence des évêques de France, Eric de Moulins-Beaufort, a déclaré que l’église avait honte, a demandé pardon aux victimes et à la société et a promis d’agir.

Dans la plupart des cas, cependant, les actes sont prescrits, et les auteurs des abus sont décédés, ce qui fait douter des mesures efficaces qui seront prises par l’Église catholique française.

La commission d’enquête a été créée par les évêques catholiques fin 2018 et a commencé ses travaux début 2019, dans le but de faire la lumière sur les cas d’abus sexuels et de pédophilie et d’essayer de restaurer la confiance du public dans l’église à une époque de déclin des congrégations catholiques dans le pays. .​

Selon le responsable de la commission, l’Église catholique française a fait preuve d’une totale indifférence envers les victimes jusqu’aux années 2000. réalité dans l’établissement.

Pour lui, la doctrine de l’Église catholique sur des questions telles que la sexualité, l’obéissance et le caractère sacré de la prêtrise a contribué à créer des angles morts qui ont permis des abus sexuels par le clergé.

Ainsi, pour essayer de reconstruire un climat de confiance entre le clergé et les fidèles, l’église devrait réformer son approche de ces questions, assumer la responsabilité de ce qui s’est passé et veiller à ce que les allégations d’abus et de pédophilie soient signalées aux autorités judiciaires.

La commission conclut que l’Église catholique française doit indemniser les victimes par une indemnisation financière adéquate « qui, bien qu’elle ne soit pas suffisante [para enfrentar o trauma], il est essentiel de terminer le processus de reconnaissance. [de culpa]. » La ligne directrice est que les paiements soient effectués avec les biens des agresseurs ou de l’église elle-même, et non avec les contributions des fidèles.

Les enquêteurs recommandent en outre que des méthodes soient créées pour une formation adéquate des nouveaux prêtres et pour la vérification des antécédents de tout membre affecté à une activité cléricale où il y a des contacts avec des enfants ou des personnes en situation de vulnérabilité.

Selon Sauvé, la commission a identifié quelque 2 700 victimes d’abus dans l’Église catholique française grâce à des appels à témoignages. Dans les archives, des milliers d’autres ont été trouvés.

Des enquêtes plus complètes estiment que le nombre total d’enfants et d’adolescents victimes d’abus varie entre 216 000 et 330 000. L’échelle sans précédent comprend les abus commis par des membres d’église qui n’avaient pas nécessairement une fonction sacerdotale.

Parmi les scandales sexuels liés à l’église de France et analysés par la commission figure celui du père Bernard Preynat, condamné en 2020 à cinq ans de prison pour des abus commis dans les années 1970 et 1980. réalisateur François Ozon.

Pour François Devaux, victime d’abus ecclésiastiques et fondateur de l’association La Parole Libérée (la parole libérée) qui en rassemble d’autres aux parcours similaires, le travail de la commission a enfin permis une reconnaissance institutionnelle de la responsabilité de l’église.

« Vous êtes une honte pour l’humanité », a déclaré Devaux aux représentants catholiques lors de l’événement de présentation du rapport. « Dans cet enfer, il y a eu des crimes de masse odieux, mais quelque chose d’encore pire : trahison de confiance, trahison des mœurs, trahison d’enfants. »

Le rapport de 2000 pages sera analysé par le Vatican. Le pape François a exprimé, mardi, un grand chagrin pour les victimes des exactions commises par le clergé français. Le chef de l’Église catholique a déjà abordé le sujet lors de conférences avec les évêques du pays le mois dernier et devrait rencontrer le Premier ministre français Jean Castex en audience privée dans deux semaines.

En juin, le pontife a déclaré que le scandale des abus sexuels de l’église était une catastrophe mondiale. À l’époque, le Vatican a publié l’examen le plus complet des lois de l’institution en 40 ans, renforçant les règles contre les violences sexuelles.

Selon le nouveau règlement, la maltraitance des mineurs doit être punie d’une suspension ou d’une révocation de la fonction cléricale, car elle constitue une infraction au sixième commandement du Décalogue, qui prêche la chasteté en paroles et en actes, avec un mineur ou une personne « généralement imparfaite dans l’usage de la raison ».

La même peine s’applique au clerc qui incite des mineurs et vulnérables à les amener « à s’exposer à caractère pornographique » et aux religieux qui « acquièrent, conservent, affichent ou diffusent » des images pornographiques.

Depuis son élection en 2013, Francisco a pris une série de mesures pour éradiquer les abus sexuels sur mineurs commis par le clergé. En 2019, il a publié un décret obligeant les évêques et les prêtres à signaler les abus sexuels présumés et permettant à quiconque de porter plainte directement auprès du Vatican. Si les évêques ne signalent pas les cas d’abus, ils peuvent être tenus solidairement responsables du crime qu’ils ont caché.

Mais les critiques accusent le pontife de réagir trop lentement aux scandales d’abus sexuels, de manquer d’empathie pour les victimes et de prendre aveuglément la parole de ses collègues ecclésiastiques.

Nihel Béranger

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