Martín Guzmán a rencontré Kristalina Georgieva et la future chancelière allemande avant le début du G20 à Rome

Martín Guzmán, Kristalina Georgieva, Olaf Scholz et la reine Máxima des Pays-Bas dînent à Rome à l’issue du G20 des ministres de l’Économie et des Finances

(Envoyé spécial à Rome). Au château de Sant’Angelo, sur la rive droite du Tibre, Martín Guzmán a partagé la table avec Kristalina Georgieva, Olaf Scholz et la reine Máxima des Pays-Bas, lors d’un dîner organisé par l’administration italienne en clôture officielle du sommet du G20 des ministres de l’Économie et des Finances.

Avant de siéger tout près du directeur général du FMI et successeur d’Angela Merkel à la Chancellerie allemande, Guzmán s’est retrouvé seul avec Alberto Fernández et Santiago Cafiero à l’hôtel Regina Baglioni. Ils venaient d’arriver de Buenos Aires, avec le reste de la délégation officielle.

Guzmán a profité de l’occasion pour commenter au président et à la chancelière les détails de ses entretiens avec Bruno Le Maire – ministre français de l’Économie – et Anton Siluanov, ministre russe de l’Économie, qui sont essentiels pour faire avancer les négociations avec le FMI.

Dans ce contexte, Il est entendu les deux réunions bilatérales qu’Alberto Fernández tiendra avec Emmanuel Macron et Vladimir Poutine lors des délibérations du G20. Le chef de l’Etat et Macron se rencontreront à Rome, tandis que Poutine a accepté un conclave virtuel qu’il dirigera depuis Moscou.

Alberto Fernández et Fabiola Yañez à leur arrivée en Italie, un jour avant le début du G20 à Rome
Alberto Fernández et Fabiola Yañez à leur arrivée en Italie, un jour avant le début du G20 à Rome

L’instruction d’Alberto Fernández à Guzmán est facile à décrire : il doit profiter de tous les événements mondiaux pour expliquer la stratégie de négociation de l’Argentine face aux exigences économiques et financières du FMI. Le président ne se lasse pas de répéter que sa volonté est d’honorer la dette, mais ses derniers discours de campagne ont suscité une certaine méfiance à Washington.

Pendant le dîner au Castel Sant’Angelo, le ministre aura la possibilité de se conformer à l’indication présidentielle. Georgieva connaît la position de Guzmán et demain à 17h00 (heure italienne) il rencontrera Alberto Fernández pour poursuivre un dialogue politique qui s’enlise. Le chef de l’État et le directeur général du FMI entretiennent de bonnes relations, et il y a un respect mutuel.

Cependant, à une époque traversée par la campagne électorale, Alberto Fernández et Georgieva ont peu de marge pour diriger un accord de facilités étendues entre l’Argentine et le FMI. Cet accord implique un programme d’ajustement et le soutien de l’opposition parlementaire, deux conditions politiques que la Casa Rosada ne peut pour l’instant garantir au directeur général.

À la même table partagée par Guzmán et Georgieva se trouve Olaf Scholz, actuel ministre de l’Économie et successeur d’Angela Merkel, s’il parvient à former un gouvernement dans les semaines à venir. Il s’entend très bien avec Guzmán, appartient au Parti social-démocrate (SPD, pour son acronyme en allemand), et est membre de la coalition politique qui a permis à Merkel d’être chancelière pendant 16 années consécutives.

Scholz était ministre du Travail et des Affaires sociales pendant le premier gouvernement de coalition de Merkel, appartient au centre SPD, et il est reconnu pour sa surveillance méticuleuse des programmes conçus par l’Allemagne pour atténuer les conséquences sociales et économiques de la pandémie.

Alberto Fernández et Merkel se rencontreront demain lors d’une pause au sommet du G20. Le président conduira Guzmán à ce conclave, tandis que Scholz accompagnera le chancelier d’Allemagne. C’est une valeur politique importante que le ministre de l’Économie connaisse le successeur probable de Merkel, alors que Berlin hésite encore à soutenir la réduction des surtaxes telle que proposée par l’Argentine au conseil d’administration du FMI.

L’Argentine a besoin que l’Allemagne soutienne les négociations avec le FMI. Votre vote est essentiel, ainsi que la position des États-Unis et du Japon. Alberto Fernández a confiance en Joseph Biden et compte sur Guzmán pour maintenir une relation fluide avec Berlin dès aujourd’hui. Merkel a toujours tenu parole, et le président souhaite que la succession dirigée par Scholz ne pose pas de nouveau problème géopolitique pour l’administration péroniste.

Nihel Béranger

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