Marine Le Pen ne baisse pas les bras

Marine Le Pen

Se ronger les dents après la défaite électorale : L’homme de 53 ans ne veut pas baisser les bras politiquement.

(Photo : AP)

Avec une expression sombre, Marine Le Pen est montée sur la scène du Jagd-Pavillon d’Armenonville dans le Bois de Boulogne près de Paris dimanche soir. La populiste de droite de 53 ans a reconnu sa défaite électorale, mais a souligné qu’elle avait tout de même obtenu un excellent résultat.

En tout cas, elle ne veut pas quitter la scène politique. « Je poursuivrai mon engagement envers la France et les Français », a déclaré Le Pen. Son prochain objectif : elle veut se mobiliser pour les législatives des 12 et 19 juin, « la grande bataille électorale des législatives ». Ce sera difficile pour Emmanuel Macron. Son public a applaudi.

Avec Le Pen, les populistes de droite ont atteint des sommets sans précédent cette année : en 2017, Le Pen avait remporté 33,9 % des voix au second tour, et maintenant c’est 41,46 %. Il était donc logique de consacrer à nouveau la défaite à la victoire. En raison de sa stratégie de normalisation, de ses efforts pour créer une image plus modérée, elle est devenue éligible pour plus de Français.

La fin de la carrière de Le Pen n’est pas encore en vue. Elle continuera à faire campagne pour « la France des oubliés », a déclaré Le Pen, et s’est fâchée d’avoir été repoussée à l’extrême droite ces dernières semaines. Désormais, elle compte sur le « troisième tour », alors que les élections législatives sont déjà convoquées partout en France.

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Comme son concurrent de gauche Jean-Luc Mélenchon, elle espère alors plus de pouvoir pour se mettre en travers du chemin de Macron. Mélenchon a déjà déclaré qu’il aimerait devenir Premier ministre.

Le président français dispose de grands pouvoirs, mais il dépend d’une majorité à l’Assemblée nationale. Ce qui pourrait rendre la tâche difficile à Macron. Le Pen et Mélenchon, le troisième homme aux élections, fondent leurs espoirs là-dessus.

La lutte pour le poste de Premier ministre a éclaté

Si le premier ministre vient d’un autre parti, il y a ce qu’on appelle la « cohabitation » (littéralement : vivre ensemble). Le premier ministre aurait alors un rôle important. Selon un sondage d’Opinionway après le second tour des élections, 46 % des Français pourraient imaginer Le Pen Premier ministre, contre 44 % pour Mélenchon.

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Mais Mélenchon, qui travaille sur un accord avec les Verts et d’autres gauchistes, aurait probablement plus de chance en raison du système majoritaire français, qui exclut souvent les extrémistes de droite. Il ne s’oppose pas non plus à un rapprochement avec les socialistes, toujours très présents dans les régions, s’ils acceptent de faire des compromis sur le programme.

L’extrême droite, dont le controversé présentateur télé Éric Zemmour, appelle donc à « l’unité de la droite ». Zemmour aimerait aussi s’allier à Le Pen, mais elle ne veut pas encore en entendre parler. Elle veut poursuivre sa stratégie de dé-diabolisation, puisque Zemmour, encore plus radical, ne ferait que s’y opposer.

Même si elle a probablement peu de chance aux élections législatives, elle peut mettre des obstacles sur le chemin du président. Il doit diriger un pays profondément divisé et s’attendre à des manifestations massives dans les rues, que Le Pen pourrait alimenter avec son embauche.

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Le Pen est toujours la principale figure de son parti, le Rassemblement national (RN). Elle continuera d’être soutenue par son bras droit Jordan Bardella, qui a pris temporairement la présidence du parti en septembre pour la durée de la campagne électorale. Il y a une incertitude dans les rangs du parti quant à savoir s’il est stratégiquement apte pour Le Pen de diriger à nouveau le parti lui-même.

Avant l’élection, Le Pen avait déclaré que cette troisième candidature présidentielle serait sa dernière. Mais cela ne pouvait être qu’une stratégie. Lors de la soirée électorale à Paris, interrogée sur une éventuelle quatrième candidature, une porte-parole a déclaré que ce n’était pas si loin. Cela n’exclut pas une nouvelle candidature présidentielle dans cinq ans.

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Nihel Béranger

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