Polémique sur les permis de pêche : poisson et préjugés – politique

Près de deux ans se sont écoulés depuis que la Grande-Bretagne a quitté l’UE. Mais on ne peut pas dire que les deux parties ont trouvé une relation pacifique l’une avec l’autre. Il y a actuellement un différend sur le cabillaud, les coquilles Saint-Jacques et la sole entre les deux parties – plus précisément : entre la Grande-Bretagne et la France. Cependant, il serait trop facile de tenir le Premier ministre britannique Boris Johnson pour seul responsable de l’escalade qui s’est produite.

Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron accuse les autorités britanniques de ne pas fournir aux pêcheurs français suffisamment de permis de pêche dans la Manche. Les autorités de l’île demandent à nouveau aux pêcheurs français de fournir la preuve qu’ils ont pêché dans la région au cours des années précédentes. On parle déjà d’une « guerre des pêches » dans les journaux britanniques.

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Bien sûr, Johnson peut utiliser les railleries contre la France et ses pêcheurs pour détourner l’attention de la misère économique de l’île, des problèmes de chaînes d’approvisionnement et de la pénurie de chauffeurs routiers. Mais Macron a aussi intérêt à faire mijoter la polémique. Il y a des élections présidentielles en avril prochain, et Macron vise un second mandat. En campagne préélectorale, le chef de l’Etat subit la pression de ses rivaux du camp conservateur pour ne pas rétrécir la main dans le différend avec Londres. Par exemple, le possible candidat présidentiel Xavier Bertrand appelle à une approche « sacrément dure » envers les Britanniques.

Le ressentiment des deux côtés de la Manche

Dans la dispute sur les droits de pêche, les ressentiments nationalistes peuvent évidemment être servis des deux côtés de la Manche. Cela semble d’autant plus étrange que la pêche ne représente qu’une part négligeable de la production économique de la France et de la Grande-Bretagne.

Tout d’abord, c’est une bonne chose que Macron ne respecte pas sa menace de fermer les ports aux navires britanniques. Les contrôles minutieux des camions britanniques, que le chef de l’Etat a également mis en jeu, pourraient également mettre gravement en péril les échanges entre l’île et le continent. Macron devrait garder cela à l’esprit dans les prochains jours – malgré toutes les tentations politiques intérieures.

Nihel Béranger

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